Chaos caribéen


CULTURE 12/05/2011; Libération
Sous l’arbre à Palabra de Porto Rico
Mots. Conclusion, aujourd’hui à New York, du festival de littérature hispanophone de San Juan.
Par Natalie LEVISALLES

Le Festival du Mot, Porto Rico 2011

Comment se fait-il que la littérature hispanophone n’ait pas la présence qu’elle mérite dans le monde ? Et pourquoi les relations sont-elles si compliquées entre la population hispanophone des Etats-Unis (50 millions de personnes) et le reste du pays ? C’est pour « aider à débloquer la situation » que l’écrivaine portoricaine Mayra Santos Febres et l’auteur espagnol José Manuel Fajardo ont décidé de créer, à Porto Rico, le festival de la Palabra (le festival du mot). L’idée, dit Fajardo, « est de donner de la fierté aux américains d’origine hispanique et de montrer que l’espagnol n’est pas une langue de ghetto ».

La deuxième édition s’est tenue à San Juan puis à New York, où elle s’achève aujourd’hui (1). En tout, 80 écrivains ont échangé avec le public dans le Museo de Las Americas de San Juan, à deux pas du for San Felipe del Morro devant lequel les enfants lancent leurs cerfs-volants. Dans l’immense cour où des vélums protègent du soleil et des averses tropicales, les écrivains ont débattu autour du thème de l’année « rêves et délires de l’identité ». Sujets tables rondes : « la religion comme patrie, la patrie comme religion », « héritiers ou prisonniers de notre identité ? », etc. La plupart des auteurs sont latino-américains : José Carlos Somoza (Cuba), Junot Diaz (Saint-Domingue), Eduardo Halfon (Guatemala), Alberto Ruy-Sanchez (Mexique), Fernando Iwasaki (Pérou). Mais on rencontre aussi Inés Pedrosa (Portugal), Fabienne Kanor (France), Hyam Yared (Liban) ou l’espagnole Ana Maria Matute, invitée d’honneur. L’ambiance est un mélange de bonne humeur, d’absence de prétention et d’enthousiasme, le tout baigne dans un charmant « chaos caribéen », selon le mot d’un participant.

L’idée de faire le festival à Porto Rico vient de ce que cette île, encore plus que ses voisines de la Caraïbe, est un carrefour, expliquent les organisateurs. Et surtout, avec son statut d’Etat libre associé et une population dont la moitié vix aux Etats-Unis, Porto Rico est de fait entre les cultures hispanique et anglo-saxonne.

Le festival s’inspire d’une manière de faire « à la française », explique Fajardo : « La France a fait de sa langue et de ses institutions une plate-forme qui accueille d’autres langes et cultures – le Roumain Tzara, L’Espagnol Picasso, le Belge Simenon – qui contribuent à projeter la culture française dans le monde. Notre objectif est de faire de la littérature hispanophone une plateforme qui projette la culture hispanique vers les Etats-Unis et les autres pays. »

Il s’agit aussi de faire connaître la littérature portoricaine – 70 auteurs publient à Porto Rico et 50 aux Etats-Unis pour une population de 4 millions dans l’île et autant aux Etats-Unis-, quasi ignorée à l’étranger. C’est automne, Porto Rico devrait être l’invité des rencontres littéraires de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

http://www.festivaldelapalabra.net/

Festival de la Palabra, Puerto Rico 2011

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